Présentation de la thérapie familiale psychanalytique
Alberto Eiguer

La thérapie familiale psychanalytique est inspirée de la psychanalyse des groupes et de l’anthropologie de la parenté. En considérant la famille comme un groupe, on peut, afin de surmonter les difficultés, aborder aisément les sources du trouble personnel ou du conflit familial, les défenses, fantasmes et affects communs, les mythes, les places de chacun de ses membres, le transgénérationnel.

Un groupe d’indications est représenté par les désordres de la parenté, la monoparentalité, la recomposition familiale, l’adoption, l’abandon ou le placement d’enfant, l’homoparentalité : elles demandent un traitement prioritaire afin de retisser les liens, pour que la famille panse ses blessures et (re)trouve ses fondements symboliques.

En ce qui concerne la pratique, le protocole thérapique recommande la venue en séance de tous les membres de la famille afin que les fantasmes inconscients partagés soient analysés et interprétés. Les séances, d’une heure à heure et demi à raison d’une fois par semaine à une fois par mois, sont animées par un ou plusieurs thérapeutes. Une attention particulière est donnée au transfert groupal et au contre-transfert, puis aux effets psychiques de ce transfert sur chacun des thérapeutes, et entre eux, qu’ils veilleront à mettre à jour et élaborer en commun.

Le thérapeute de la TFP, comme tout thérapeute qui se reconnaît analyste, se donne quelques principes parmi lesquels :
- Il essaie de ne pas empêcher le développement du transfert, au mieux de le faciliter.
- Il ne se propose pas de « guérir », ce qui se produira tout naturellement du moment que le processus se met en marche.
- Il essaie de protéger son narcissisme, sa stabilité personnelle et d’assurer la poursuite du processus. Face aux résistances, il saura patienter et attendre que le processus permette le dégagement de solutions, pour autant que cela lui soit possible. Son outil de travail lui inspire confiance, son activité est inspirée de « ses liens inconscients » aux formateurs et au champ psychanalytique. Ceci n’exclut ni doutes ni remise en question de la technique, ni changements d’orientation. Au contraire, ces passages sont inévitables, et ils permettent souvent de progresser.